Image : Eva Kröcher/Wikimedia Commons.
Image : Eva Kröcher/Wikimedia Commons.

Cette colonne est toujours fascinée par la façon dont de nouvelles idées surgissent lorsque différentes disciplines sont réunies pour s'attaquer à un problème ostensiblement botanique. Il en va de même pour la Royal Society du Royaume-Uni, d'où son auguste organe intitulé Journal de la Royal Society Interface, une 'publication interdisciplinaire promouvant la recherche à l'interface entre les sciences physiques et les sciences de la vie' . Alliant mécanique, dentisterie et biologie, Peter Lucas et ses collègues ont examiné l'optimisation évolutive des propriétés matérielles d'une graine tropicale à coque épaisse et ont bien démontré que ses propriétés mécaniques sont adaptées pour leur permettre de germer tout en empêchant leur prédation.

Selon leurs propres termes, « la graine a développé une microstructure hétérogène complexe, qui lui confère des valeurs de dureté, de rigidité et de ténacité à la rupture », mais qui permet néanmoins de « fissurer la coque par pression de turgescence interne (c'est-à-dire la germination) ». La plante tropicale à coque épaisse, porteuse de graines, étudiée appartenait à la famille des Annonacées (la famille de l'anone), Mezzettia parviflore Becc. (dont l'information n'est bizarrement pas mentionnée dans le titre, le résumé ou les mots clés de l'article).

Mes recherches révèlent que, bien que M.parviflora Becc. est apparemment le 'officiel' nom de la plante, M. herveyana Oliv. est répertorié comme synonyme. Et ce dernier taxon est en danger critique d'extinction selon le L'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) Liste rouge, connue uniquement d'une seule collection trouvée à Malacca (Malaisie). Ce statut en voie de disparition pourrait-il être dû en partie à un tégument devenu trop résistant à la fissuration ? Si la "graine tropicale à coquille épaisse" mentionnée ci-dessus était présente en Antarctique à l'époque du titanosaure lithostrotien du Crétacé (connu de manière plutôt inélégante sous le nom de MLP 11-II-20-1), dont la découverte a été annoncée par Ignace Cerda et al., n'est pas divulgué. Mais c'était peut-être le cas. Dans ce cas, toute résistance de la noix aux attentions diététiques du sauropode végétarien peut en partie expliquer la disparition de ce groupe de dinosaures en 65.5 millions d'années av. Ou peut-être n'ont-ils tout simplement pas pu faire face à la « vague de froid » qui s'est ensuite développée là-bas ? Quoi qu'il en soit, juste une autre notion folle que je suis heureux de jeter dans le pot !