Cintra et ses collègues ont découvert que les changements climatiques ne rendent pas l'Amazonie plus humide ou plus sèche, mais les deux, selon qu'il s'agit de la saison des pluies ou de la saison sèche. Leur étude est basé sur 30 années d'enregistrements climatiques naturels enfermés dans les cernes des arbres Cedrela odorata et Macrolobium acaciifolium.

Ces résultats ont une pertinence qui va au-delà des conditions météorologiques en Amérique du Sud. Dans un communiqué de presse Les auteurs déclarent : « La forêt amazonienne joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial… Les changements observés dans le cycle des précipitations pourraient avoir des effets de grande portée sur la stabilité du climat mondial. »

La recherche s'appuyait sur l'étude des rapports isotopiques de l'oxygène dans des carottes extraites d'arbres. Les cernes se développent grâce à l'oxygène contenu dans l'eau de pluie de l'année. Du point de vue de l'arbre, les isotopes présents dans l'eau importent peu, mais ils révèlent comment la pluie s'y est propagée. L'oxygène 16 et l'oxygène 18 sont captés par l'évaporation de l'eau de l'océan pour former des nuages. La pluie tombe, est traitée par les arbres et remonte pour former de nouveaux nuages ​​qui alimentent les terres. Mais à chaque passage de l'eau, c'est l'oxygène 16, plus léger, qui est favorisé. Ainsi, si les précipitations sont plus nombreuses à l'intérieur des terres, ce qui signifie un temps plus humide, le rapport oxygène 16/oxygène 18 augmente. S'il y a moins de précipitations, la pluie est plus riche en oxygène 18. L'évolution de ce rapport a permis à Cintra et à ses collègues de comprendre l'évolution du climat depuis 1980.

Arbre massif aux racines en contreforts dans la forêt inondable amazonienne. Une personne se tient entre les énormes contreforts triangulaires pour donner une idée de l'échelle. Vêtue de vêtements clairs, elle illustre la taille impressionnante de ce géant de la forêt tropicale adapté aux inondations, entouré d'une végétation luxuriante.
Les crues extrêmes des rivières atteignent plusieurs mètres de profondeur, comme l'indique la teinte plus foncée de l'écorce de cet arbre issu de forêts inondées saisonnièrement. Photo : Bruno BL Cintra, Université de Birmingham.

Mais Cintra et ses collègues ont pu voir au-delà des moyennes annuelles en comparant deux arbres. Cedrela odorata pousse pendant la saison des pluies, tandis que Macrolobium acaciifolium, dans les plaines inondables, pousse pendant la saison sèche. Ainsi, leurs isotopes dans les cernes des arbres seront liés aux précipitations au cours des différentes saisons. Les auteurs écrivent que, pendant la saison des pluies, le rapport d'oxygène 18 a diminué de 0.90 ‰, soit près d'une partie pour mille, indiquant une augmentation des précipitations de 15 à 22 %. Mais pendant la saison sèche, le rapport d'oxygène 18 a augmenté de 1.14 ‰, ce qui signifie que la saison sèche a été 8 à 13 % plus sèche.

Les botanistes estiment que le réchauffement de l'Atlantique modifie le rythme et la fréquence des précipitations dans le bassin amazonien. Cette variabilité croissante entraînera une augmentation des inondations et des sécheresses en Amazonie et au-delà, jusqu'à Buenos Aires. Il apparaît urgent de se préparer pour l'avenir.

Cintra, BBL, Gloor, E., Baker, JCA, Boom, A., Schöngart, J., Clerici, S., Pattnayak, K. et Brienen, RJW (2025) « Les isotopes des cernes des arbres révèlent une intensification du cycle hydrologique en Amazonie », Communications Terre et environnement, 6(1), p. 1–12. https://doi.org/pr26


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Image : Forêt amazonienne sereine avec une végétation luxuriante se reflétant dans la rivière Jean Gc / Pexels.