Recherche menée par Staab et ses collègues, publiée récemment dans Écologie, met en lumière une manière ingénieuse mais naturelle d'améliorer la reforestation tropicale et la capture du carbone. En favorisant les espèces d'arbres à Nectaires Extrafloraux (EFN), petites structures sécrétoires à la surface des plantes qui sécrètent du nectar, ils ont trouvé possible d'augmenter la diversité et la productivité des écosystèmes forestiers.
Les nectaires extrafloraux, attirant les fourmis vers les plantes, mettent en place ce qu'on appelle un mutualisme de défense où les fourmis protègent les plantes des herbivores en échange de la friandise sucrée. La découverte surprenante de l'équipe de Staab est que cet effet protecteur se répercute sur les arbres voisins sans nectaires extrafloraux. Cette défense indirecte fait que ces arbres ont moins de chenilles, l'un de leurs principaux ravageurs, ce qui entraîne une croissance améliorée. Ainsi, une forte présence d'arbres à nectar extrafloral peut stimuler la productivité globale de la forêt.
Ce mécanisme, connu sous le nom de facilitation, est un principe bien étudié en écologie. Il fonctionne grâce à une « facilitation à médiation mutualiste », reliant directement la diversité des plantes et la productivité des écosystèmes. Cette recherche est essentielle car elle fournit une stratégie rentable et respectueuse de l'environnement pour soutenir les projets de reboisement, améliorer la productivité agricole et renforcer les efforts de capture du carbone, luttant ainsi contre le changement climatique.
De plus, les chercheurs ont trouvé des preuves que les arbres voisins des arbres à nectar extrafloral ajustaient leur composition de traits de défense, réduisant les ressources allouées aux défenses et augmentant la croissance. Il s'agit d'un exemple frappant de la façon dont la biodiversité et les interactions interspécifiques peuvent conduire à des résultats inattendus mais bénéfiques, suggérant que le maintien de la biodiversité ne concerne pas seulement la conservation, mais également l'exploitation de ces précieux services écologiques.
Cette approche innovante peut avoir des implications importantes pour le reboisement et les pratiques agricoles. Traditionnellement, des plantes nectarifères ont été plantées à côté des cultures pour attirer les ennemis naturels des ravageurs, améliorant ainsi les rendements des cultures. Ces résultats suggèrent que l'intercalation d'arbres à nectar extrafloral dans les forêts ou les champs cultivés pourrait également augmenter la productivité. Staab et ses collègues concluent :
La facilitation entre les espèces végétales peut être motivée par des arthropodes prédateurs mutualistes qui améliorent les conditions pour les plantes sans mutualisme de défense. Ce rôle sous-étudié des arbres porteurs d'EFN pourrait être important pour comprendre les mécanismes du BEF [fonctionnement de la biodiversité et de l'écosystème] dans les forêts tropicales et subtropicales de succession précoce. Dans le reboisement et la restauration des forêts, l'ajout d'arbres EFN aux pools d'espèces (sensu Jones et al., 2017) pourrait, au moins au début de la phase d'établissement, favoriser la croissance des arbres, la capture du carbone et une myriade d'autres fonctions de l'écosystème forestier.
Personnel et al. 2023/XNUMX/XNUMX
LIRE L'ARTICLE
Staab, M., Pietsch, S., Yan, H., Blüthgen, N., Cheng, A., Li, Y., Zhang, N., Ma, K. et Liu, X. (2023) »Cher voisin : Les arbres à nectaires extrafloraux facilitent la défense et la croissance des arbres adjacents non défendus, " Écologie, p. e4057. Disponible à: https://doi.org/10.1002/ecy.4057.
