Gamhewa et ses collègues ont passé sept ans à étudier les forêts du Québec, suivant les herbes printanières et la canopée des arbres à l'aide de caméras automatisées, quel que soit le dénivelé. Les plantes réagissent au printemps, mais comment ils réagissent Cela peut faire la différence entre la survie et la mort. C'est une question de timing.
Au printemps, les arbres des forêts déploient leurs feuilles, captant la lumière du soleil et créant de l'ombre. Pour les plantes sous les arbres, la période entre la fonte des neiges et la tombée de l'ombre est cruciale pour accumuler du carbone pour l'année à venir. Le timing est crucial pour réussir. Si vous poussez trop tard, la course est terminée : vos concurrents auront accumulé leurs propres réserves de carbone et les arbres empêcheront la lumière du soleil d'atteindre le sol forestier. Mais si vous commencez trop tôt, vous risquez d'endommager les tissus vulnérables au froid. C'est une stratégie appelée « évasion phénologique ».

L'équipe a installé des caméras automatisées dans la forêt en Parc national du Mont-Mégantic. Des photos quotidiennes leur ont permis d'observer la germination de deux plantes communes du sous-bois printanier, Trille érectile (Trillium rouge) et Érythronium américain (Lys des truites) et surveillez les feuilles qui tombent des arbres au-dessus.
Les botanistes ont constaté que la température avait un effet plus marqué sur les herbes que sur les arbres. Cette différence signifie que, lors des années plus chaudes, les herbes commencent à pousser plus tôt et bénéficient ainsi de plus de temps d'exposition au soleil pour constituer leurs réserves de carbone. Cet espace supplémentaire dans la canopée pourrait être bénéfique pour les plantes. Les auteurs écrivent : « Nous nous attendons à ce que des périodes prolongées de forte luminosité, même de quelques jours, augmentent significativement leur capacité d'assimilation du carbone et leur croissance. » « Toutes choses égales par ailleurs, nous nous attendons à ce que cela ait une influence neutre à positive sur la performance des plantes du sous-bois. »
«Toutes choses étant égales par ailleurs» pourrait être un peu lourd à porter ici, car il n'y a aucune discussion sur les réponses des insectes, bien que les auteurs citer un article et écrivent : « Les preuves à ce jour ne soutiennent pas fortement l’hypothèse de conséquences négatives sur la fitness en raison d’une phénologie altérée entre les espèces. » Les résultats concordent également avec d’autres études récentes. Une étude résultats montrant que les herbes progressent plus que les arbres. La conclusion selon laquelle certaines espèces ne souffrent pas nécessairement d'une phénologie inadaptée semble donc justifiée.
LIRE L'ARTICLE
Gamhewa, H., Crofts, AL, Plourde-Rouleau, A., Glaus, V., Brown, C. et Vellend, M. (2025) « La durée de la forte luminosité printanière pour les plantes de sous-étage : réponses contrastées aux variations de température spatiales et temporelles », Journal of Ecology, https://doi.org/pxnj (GRATUIT)
Posté sur Bluesky & Mastodonte.
Image de couverture: Érythronium américain (Lys des truites) au Québec par Alexis Williams CC BY.
