Les botanistes s'inquiètent du « déficit de connaissance des plantes », notre tendance à négliger celles qui nous entourent. Mais dans les Pyrénées espagnoles, Querol i Mercadé et ses collègues ont découvert… communautés avec des liens profonds avec les plantesEn étudiant leurs traditions et leurs histoires, les scientifiques espéraient découvrir comment nous pourrions aider tout le monde à apprécier davantage les plantes.

Ils ont constaté que les personnes ayant des liens culturels profonds avec les plantes présentent très peu de disparités de perception des plantes. Ces communautés rurales entretiennent des liens émotionnels forts avec les plantes locales, où elles ne sont pas seulement des ressources mais font également partie de leur identité culturelle et de leur vie quotidienne. Cela suggère que les liens émotionnels pourraient être la clé pour aider les gens à remarquer et à valoriser les plantes.

Dans ces communautés, la connaissance des plantes est entretenue par de riches traditions : 36 dictons locaux sur les plantes, 53 histoires personnelles d'expériences avec les plantes, 27 traditions communautaires et 30 coutumes familiales liées aux plantes. Des célébrations saisonnières aux recettes familiales, les plantes sont intégrées à la vie communautaire de manière à ce qu'elles restent visibles et valorisées.

Querol i Mercadé et ses collègues ont interrogé 22 spécialistes des plantes de la vallée de l'Alt Ter, en Espagne, pour découvrir comment les humains interagissent avec les plantes. Ils ont étudié la place des plantes dans les traditions communautaires, les coutumes familiales et les expériences personnelles. Ils ont également veillé à aller au-delà des questions sur les utilisations pratiques des plantes, en se concentrant sur la collecte d'histoires, de chansons et de souvenirs qui montrent comment les gens forment des liens émotionnels avec les plantes.

L'étude est intéressante car la sensibilisation aux plantes est généralement étudiée sous le terme de « disparité de sensibilisation aux plantes », une nouvelle appellation de « cécité aux plantes ». Elle est donc principalement étudiée dans les zones urbaines, où les jeunes sont de plus en plus déconnectés de la nature. Recadrer le problème sous le terme de « sensibilisation aux plantes » a permis à cette recherche d'adopter une approche différente.

Au lieu de se concentrer sur ce qui est perdu, Querol i Mercadé et ses collègues ont appris des communautés qui entretiennent des liens étroits avec les plantes. Comprendre comment les connaissances traditionnelles et les liens affectifs aident les gens à remarquer les plantes pourrait conduire à de meilleures méthodes d’enseignement de la connaissance des plantes dans les écoles et les villes.

Querol et Mercadé, J., Fernandez-Llamazares, Á., Garnatje, T., Casadevall, A., Garet, A. et Gallois, S. (2024). Au-delà des inégalités de sensibilisation aux plantes : explorer les relations immatérielles avec les plantes dans les Pyrénées catalanesPlantes, Humains, Planète. https://doi.org/10.1002/ppp3.10593 (OA)


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