Joseph Arditti et ses collègues ont publié un article dans Lankesteriana à propos une lettre prémonitoire écrite par DarwinLe 26 mars 1863, il écrivit une lettre à Joseph Dalton Hooker, décrivant ses tentatives de germination de graines d'orchidées. La germination des orchidées était une énigme.
Les producteurs d'orchidées étaient confrontés à des taux de germination catastrophiques. Darwin, qui menait des expériences sur ces minuscules graines, de la taille d'un grain de poussière, mentionna incidemment qu'elles pourraient être des « parasites, dans leur jeune âge, de cryptogames ». Darwin étudiait les maladies fongiques de la pomme de terre et s'intéressait aux moisissures depuis plusieurs années. On ignore s'il entendait par « cryptogames » des champignons. Arditti et ses collègues suggèrent qu'il pourrait s'agir de mousse, mais ajoutent : « Il est clair, toutefois, que sa réflexion était pertinente. Il se demandait si les orchidées avaient besoin d'un partenaire biologique externe pour germer. »
Les auteurs affirment que cette observation est passée inaperçue, de sorte que lorsqu'en 1899, Noël Bernard a découvert que les mycorhizes étaient nécessaires à la germination des orchidées, il l'a fait indépendamment de Darwin. La découverte de Bernard expliquait comment des graines aussi minuscules peuvent produire des plantes.
Le problème des graines d'orchidées, c'est qu'elles sont si petites qu'elles n'ont aucune réserve de nourriture. Elles attendent donc l'arrivée des champignons. Lorsque ces derniers colonisent la graine, la plante les mange, jusqu'à ce qu'elle puisse réaliser sa photosynthèse. Certaines orchidées ne se soucient même pas de la photosynthèse et se nourrissent uniquement de champignons. La découverte de ce partenariat a révolutionné la science des orchidées. Aujourd'hui, nous savons qu'il est essentiel à leur conservation. Impossible de sauver les orchidées sans sauver aussi leurs partenaires fongiques. Cela nous rappelle qu'il ne suffit souvent pas d'avoir une bonne idée. Il faut aussi la faire connaître.
Source de recherche : LANKESTERIANA 25(2) : 83-102. 2025, DOÏ : http://dx.doi.org/10.15517/v17i2w10
https://revistas.ucr.ac.cr/index.php/rlankesteriana/article/view/936
