Imaginez un banquet réservé aux invités de marque. Les plantes fonctionnent de manière similaire en offrant du nectar : elles attirent les pollinisateurs comme les oiseaux, les insectes et les mammifères, qui, en retour, contribuent à la pollinisation. Cependant, pour que seuls les « invités adéquats » – les pollinisateurs efficaces – participent, les plantes ont développé des barrières. L’une de ces barrières est la forme de la fleur : si un pollinisateur ne peut atteindre le nectar, il ne remplit pas son rôle.
Pourtant, certains animaux contournent ces barrières et volent le nectar sans polliniser la plante, un comportement connu sous le nom de « vol de nectar ». Ce comportement perturbateur peut perturber l’équilibre entre les plantes et les pollinisateurs et, dans certains cas, empêcher les pollinisateurs légitimes de visiter les fleurs et d’augmenter l’autopollinisation.
Les colibris, bien connus pour leur rôle crucial de pollinisateurs, peuvent également être des voleurs de nectar opportunistes. Ce comportement est plus fréquent chez les colibris à bec court, qui ne peuvent pas accéder au nectar des fleurs à long tube. Au lieu de cela, ils percent la base de la fleur pour voler le nectar. En fait, ils ont des adaptations spécifiques pour cette tâche, comme des becs pointus et des pieds puissants pour s'accrocher aux fleurs tout en volant le nectar.
Malgré son importance écologique, le vol de nectar par les colibris est encore peu étudié, notamment en ce qui concerne l'influence de la longueur des fleurs sur ce comportement. Des recherches antérieures suggèrent que les voleurs de nectar ciblent souvent les fleurs à long tube, mais il manque des données détaillées sur le comportement des différentes espèces de colibris.

Avec cet état d'esprit dans, Ettore Camerlenghi et son équipe ont fait des recherches à quelle fréquence le colibri à queue métallique noire (Phébé métallura) se livre au pillage du nectar et comment la longueur de la corolle des fleurs influence sa stratégie de recherche de nourriturePour ce faire, les chercheurs ont combiné des observations sur le terrain avec des observations provenant de plateformes scientifiques communautaires telles que eBird et INaturalist.
Les chercheurs ont découvert que le colibri à queue métallique noire, en raison de son bec court, se livre fréquemment à des vols de nectar, où il perce les fleurs pour accéder au nectar sans les polliniser. Ce comportement est fortement associé aux fleurs dont la corolle est beaucoup plus longue que le bec de l'oiseau. Lorsque les fleurs sont trop longues pour que le colibri à queue métallique noire puisse atteindre le nectar par une pollinisation légitime, l'oiseau a recours au vol de nectar. Cependant, le colibri à queue métallique noire utilise sa stratégie de pollinisation typique lorsque les fleurs sont plus courtes, car son bec peut facilement atteindre le nectar. Ces résultats suggèrent que la longueur de la corolle des fleurs est essentielle au comportement de vol de nectar.

De plus, les chercheurs ont observé des différences de comportement entre le Black Metaltail et le Colibri géant, beaucoup plus grand (Gigas de Patagona), qui a un bec plus long. Les deux espèces consomment le nectar de plantes similaires à longues fleurs tubulaires, comme Salpichroa glandulosaLe Black Metaltail volerait le nectar de ces fleurs en raison de son bec court, tandis que le Colibri géant s'en nourrit légitimement, ce qui montre que la longueur du bec peut influencer le comportement alimentaire.

Cette recherche met en évidence comment l’accès aux ressources peut influencer le vol de nectar, en particulier dans les environnements saisonniers et difficiles de la Andes tropicales forêts nuageuses. Ces écosystèmes uniques, avec leurs interactions simples et saisonnières entre les plantes et les pollinisateurs, offrent une toile de fond fascinante pour étudier la façon dont les animaux adaptent leurs comportements alimentaires en réponse aux défis environnementaux.
Les résultats de l'étude mettent en lumière le vol de nectar comme stratégie de survie et apportent des informations sur la résilience et l'adaptation des espèces aux environnements changeants. La compréhension de ces comportements est essentielle pour prédire comment les interactions écologiques peuvent être affectées par les changements environnementaux et climatiques. En outre, des recherches futures sont recommandées pour explorer davantage la dynamique de pollinisation et ses implications pour la conservation des habitats de haute altitude, qui sont essentiels pour la biodiversité.
LIRE L'ARTICLE
Camerlenghi, E., Mangini, GG, Anderson, RO, Cruz‐Gispert, A., Loosveld, R., Gonzáles, P., & Nolazco, S. (2024). Les fleurs à longue corolle des Andes tropicales favorisent le pillage du nectar par le colibri à queue métallique noire : une étude utilisant la science citoyenne et des observations de terrain. Austral Ecology, 49(9), e13591. https://doi.org/10.1111/aec.13591

Victor HD Silva est un biologiste passionné par les processus qui façonnent les interactions entre les plantes et les pollinisateurs. Il s'intéresse actuellement à la manière dont les interactions entre les plantes et les pollinisateurs sont influencées par l'urbanisation et à la manière de rendre les espaces verts urbains plus favorables aux pollinisateurs. Pour plus d'informations, suivez-le sur ResearchGate en tant que Victor HD Silva.
