Les ornithologues qui tentent de suivre les activités des oiseaux se sont tournés vers un espion pour obtenir de l'aide. Goodenough et Webb rapportent que le pollen peut révéler de nombreux détails sur le comportement des oiseaux, depuis les voies de migration et l'utilisation de l'habitat jusqu'aux habitudes alimentaires. Le pollen, présent dans les becs, les plumes et les excréments, agit comme un traceur naturel, et peuvent être échantillonnés à partir d'oiseaux vivants, d'oiseaux récemment morts et même de spécimens de musée.

Dans le cas des migrations, Goodenough et Webb donnent quelques exemples d'utilisation du pollen. En général, la migration est étudiée grâce au baguage des oiseaux, mais récupérer ces données peut être difficile. Les auteurs notent qu'il existe plus d'un million de bagues de Pouillot fitis au Royaume-Uni, et seulement 16 dans les aires d'hivernage en Afrique. Le pollen collé aux oiseaux peut être utilisé pour identifier les aires d'hivernage et les aires de repos potentielles lors des migrations.

L'échantillonnage des oiseaux vivants, afin qu'ils restent en vie après l'échantillonnage, nécessite une collecte minutieuse du pollen. Les méthodes suggérées sont le prélèvement stérile du bec ou la coupe de petits morceaux de plumes. Goodenough et Webb notent que les oiseaux ne sont pas des porteurs passifs de pollen et qu'ils se nettoient en se lissant ou en muant, ce qui entraîne une perte de pollen. Cela suggère que le pollen récupéré des oiseaux est probablement biaisé vers des emplacements plus récents que vers des habitats plus anciens.

Les auteurs évoquent également la possibilité de tester des oiseaux morts. Le pollen peut se loger dans les plumes, les pattes et d'autres fissures. Dans le cas des spécimens de musée, ces données ne s'appliquent pas seulement aux espèces vivantes aujourd'hui, mais aussi à celles aujourd'hui éteintes, ce qui permet de reconstituer des habitats disparus. Ils soulignent également que la plupart des études menées au cours des soixante-dix dernières années n'ont pas eu l'occasion d'exploiter la technologie actuelle.

Les avancées potentielles offertes par l’identification du pollen des oiseaux au niveau de l’espèce à l’aide du métabarcodage ADN sont particulièrement intéressantes, car cela permettrait d’affiner considérablement la résolution taxonomique des données polliniques par rapport à l’utilisation de la microscopie. De cette manière, l’utilisation du pollen comme indicateur de l’utilisation de l’habitat ou pour identifier les voies migratoires, ou pour établir le profil du régime alimentaire, deviendrait beaucoup plus détaillée et plus utile dans les contextes de recherche et d’application.

Une meilleure compréhension des voies de migration et des habitats permet d'améliorer la conservation des oiseaux. Connaître la diversité des lieux fréquentés par une espèce permet de la protéger dans toute son aire de répartition, et pas seulement dans les endroits les plus importants où elle se trouve.

Goodenough, AE & Webb, JC 2025. L'analyse du pollen comme outil pour faire progresser la recherche aviaire et éclairer les stratégies de conservation. Ibis. https://doi.org/10.1111/ibi.13394 ($)


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Image : Pouillot fitis / Canva.