La disponibilité de l'eau est un facteur clé de la production primaire nette. On prévoit que les épisodes de sécheresse extrême augmenteront en intensité et en fréquence au cours du siècle, avec des impacts importants sur la productivité des écosystèmes. Cela aura également des conséquences économiques importantes, notamment dans les prairies, qui sont les principales zones de production fourragère dans le monde. Cependant, les prairies tempérées couramment utilisées pour la production de fourrage semblent varier dans leur sensibilité à la sécheresse, probablement en raison de la diversité de la composition botanique des prairies, des pratiques de gestion, des propriétés du sol et des conditions climatiques locales. Il a été démontré que les traits fonctionnels des plantes varient fortement le long des gradients d'humidité du sol et pourraient donc être de bons indicateurs de la réponse des plantes à la sécheresse. Les traits hydrauliques des plantes mesurés à l'échelle de la communauté ont, jusqu'à présent, rarement été utilisés pour évaluer les réponses des prairies à la sécheresse.

Dans une étude récente publiée dans AoBP, Vitra et al. ont utilisé le pourcentage de perte de conductivité (PLCp) comme trait hydraulique de la communauté végétale pour observer ses interactions avec les traits économiques foliaires les plus couramment utilisés (tels que la surface foliaire spécifique et la teneur en matière sèche des feuilles) et ses effets directs sur la productivité des prairies en période de sécheresse. À l'aide d'un modèle d'équation structurelle, les auteurs ont montré que la réduction de l'humidité du sol n'avait pas d'impact direct sur la production de biomasse aérienne. Au lieu de cela, ils ont observé que la diminution de la production de biomasse aérienne induite par la sécheresse était médiée par un pourcentage de perte de conductance hydraulique plus élevé et une surface foliaire spécifique plus faible en cas de sécheresse. Ces résultats révèlent l'importance d'utiliser le calendrier de la sécheresse avec les réponses des traits des plantes pour évaluer les impacts de la sécheresse sur la production de biomasse des prairies et suggèrent que l'intégration de ces facteurs dans les modèles mécanistes pourrait considérablement améliorer les prévisions des impacts du changement climatique.
Point culminant du chercheur

Amarante Vitra a grandi en France et s'est installée en Suisse en 2014 pour réaliser son mémoire de master en écophysiologie des arbres (résistance au gel) à l'Université de Bâle. Elle a ensuite rejoint le Laboratoire des systèmes écologiques (ECOS) de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) pour réaliser sa thèse de doctorat sous la direction du professeur Alexandre Buttler et du Dr Pierre Mariotte. Amarante termine actuellement son projet de doctorat intitulé « Réponses des prairies permanentes à la sécheresse pendant la saison de croissance des plantes : approches agronomiques, fonctionnelles et écophysiologiques combinées ».
Amarante est une écologiste végétale qui s'intéresse à une approche plus mécaniste, reliant les caractéristiques économiques et physiologiques des feuilles des plantes, afin de mieux comprendre la résistance des communautés végétales à la sécheresse. Elle s'intéresse également à l'application de ces connaissances à l'amélioration des pratiques de gestion des prairies dans le contexte des changements climatiques actuels et prévus.
