Les plantes rares et à répartition restreinte sont particulièrement sensibles à la perte et à la fragmentation de leurs habitats naturels. Cela peut entraîner une réduction de la diversité génétique et une moindre capacité d'adaptation à un environnement changeant. La conservation des espèces endémiques menacées est essentielle pour préserver leur potentiel évolutif et minimiser leur risque d'extinction. Les nouvelles technologies génomiques (telles que le séquençage RAD) se sont révélées être un outil prometteur pour orienter les futures stratégies de conservation, en mettant en lumière les approches les plus efficaces pour certaines espèces et populations.

Brasilianthus carajensis (A) buisson et (B) fleur. Crédit image : Pedro L. Viana.

Dans une étude récente publiée dans AoBP, Silva et al. évalué la santé génétique d'une herbe étroitement distribuée (Brasilianthus carajensis) des savanes amazoniennes. Grâce aux technologies de séquençage de nouvelle génération, ils ont pu jeter un coup d'œil détaillé sur une partie représentative du génome de la plante, évaluer la diversité génétique, la composition génétique et les adaptations aux conditions environnementales locales. Les résultats de cette étude fournissent des indications claires sur la façon d'éviter la perte de variation génétique unique dans cette plante unique. L'étude a identifié trois clusters génétiques neutres et six adaptatifs, qui pourraient être considérés comme des unités de gestion et des unités adaptatives, respectivement. La création récente du parc national de Campos Ferruginosos semble protéger une partie de chacune des unités de gestion identifiées dans cette étude et il ne semble donc pas y avoir de menace immédiate pour celles-ci. D'autre part, toutes les unités adaptatives ne sont pas actuellement protégées et certaines se trouvent à proximité d'exploitations minières à grande échelle. Ainsi, les auteurs suggèrent que les échantillons de chaque unité adaptative pourraient être soit déplacés, soit conservés dans une banque de semences. Les auteurs concluent en déclarant que leur étude illustre comment des méthodes de regroupement génétique sans hypothèse et des tests d'association environnementale peuvent être utilisés pour éclairer les décisions de gestion afin de prévenir la perte de variation génétique unique et de maximiser la résilience des espèces aux futurs changements environnementaux. Cette approche est particulièrement utile pour éclairer la gestion des espèces rares et menacées pour lesquelles il est difficile ou impossible d'évaluer les adaptations locales à l'aide d'expériences traditionnelles de jardins communs.

Cet article a été publié dans le cadre d'un numéro spécial de AoBP droit L'écologie et la génétique de la différenciation des populations chez les plantes.

Point culminant du chercheur

Le Dr Rodolfo Jaffé a grandi à Caracas, au Venezuela, et en 2005, il a déménagé en Allemagne pour effectuer un doctorat en écologie moléculaire des abeilles à l'Université Martin Luther, Halle. Il a ensuite complété un premier poste postdoctoral à l'Université d'Australie-Occidentale, en Australie et un second à l'Université de São Paulo, au Brésil. Il est actuellement chercheur principal à l'Institut de technologie Vale, au Brésil, où il utilise des approches interdisciplinaires, comprenant la génomique, les analyses spatiales et la biostatistique, pour comprendre comment la dégradation des habitats naturels par l'homme influence la biodiversité et les services écosystémiques.