Image : Priester et al. 2012, PNAS.
Image : Priester et al. 2012, PNAS.

Les progrès technologiques (une notion toujours optimiste !) prennent de nombreuses formes et peuvent avoir des conséquences inattendues. Prenons par exemple la nanotechnologie, discipline émergente qui étudie des structures intermédiaires entre les atomes isolés et les matériaux massifs – de l’ordre de 1 à 100 nm – et qui présentent souvent des propriétés physiques sensiblement différentes de celles des atomes ou des matériaux massifs (par exemple, des nanoparticules). Zhong Wang). Il n'est donc pas surprenant que des inquiétudes aient été exprimées quant aux effets de la fabrication de nanomatériaux (MNM) peut avoir sur la santé humaine ou autre biote s'ils "s'échappent" dans l’environnement.

Jean Priester et al. examiné la réponse d'une culture majeure - le soja - à un sol agricole amendé avec deux MNM à oxydes métalliques "à haute production", nano-CeO2 et nano-ZnO. Entre autres résultats, ils montrent que la croissance et le rendement des plantes diminuent avec le nano-CeO2, et la fixation de l'azote a été arrêtée à haute nano-CeO2 Concentration. Comme le concluent les auteurs, avec glaciation mais sérénité, « ces résultats mettent en garde contre les risques humains et environnementaux liés à l'utilisation croissante des MNM dans l'agriculture ». Vous voilà prévenus !

Cependant, et sans être cynique ni rien de ce genre, je suis quelque peu perturbé par le fait que le manuscrit ait été reçu pour évaluation le 1er avril 2012. Je ne sais pas ce qu'il en est dans le reste du monde, mais il existe au Royaume-Uni une tradition qui consiste à faire ce qu'on appelle par euphémisme des « pranks » – des « farces » et autres plaisanteries du même genre – aux lecteurs. poisson d'avril, 1er avril. Mais ces bouffonneries ne sont autorisées que jusqu'à midi à cette date. Donc, j'espère que le document a été reçu dans l'après-midi de ce jour-là. De plus, ayant été publié dans un organe aussi auguste que PNAS quelques mois après cette date, je suppose qu'il s'agit d'une véritable science. Une assurance supplémentaire vient du fait qu'il a par la suite obtenu une lettre qui remet en question les conclusions de l'étude. Co-écrit par le professeur Steve McGrath de Rothamsted Research (PI britannique pour un consortium transatlantique mis en place pour étudier les implications des nanotechnologies sur l'environnement et la santé humaine), cette épître doit être prise au sérieux. Et cela a été, dans le réfutation robuste en guise de réponse par les auteurs de l'article original. Par conséquent, nous devrions à juste titre nous préoccuper de ces nanomatériaux (ou non, selon Lombi et al....).

[L'un des canulars du 1er avril les plus célèbres au Royaume-Uni – et qui est par coïncidence botanique ! – était le Le fait divers de la BBC en 1957 qui prétendait montrer la 'récolte' de spaghettis en Suisse. Et il a même été voté 'le meilleur poisson d'avril de l'histoire' - Éd.]