Le Canada se trouve dans une région où les effets du changement climatique seront les plus marqués. Les scientifiques doivent suivre la diversité végétale des forêts tempérées, de la toundra arctique et des prairies s'étendant du Pacifique à l'Atlantique et à l'Arctique, mais ils ne disposent pour l'instant que de données éparses.

Le problème est l’accessibilité.

Au Canada, 88 % des observations de plantes se font à moins de 1 km des routes et 91 % à moins de 2 km. Or, les routes se trouvent principalement dans le sud. Cela signifie que de vastes écosystèmes nordiques, des habitats végétaux rares et des territoires autochtones demeurent pratiquement sans surveillance. C'est un problème, car on s'attend à ce que les latitudes plus élevées changent rapidement avec la hausse des températures. Cependant, Gonzalez et al. écrivent : « Nous avons peu confiance dans nos connaissances du rythme, de l'ampleur et des facteurs de changement de la biodiversité dans la plupart des régions terrestres et aquatiques du pays. »

Sans suivre l'évolution des communautés végétales, il est difficile d'orienter les actions là où elles sont nécessaires. Les auteurs affirment : « La propagation des espèces vers le nord en réponse au changement climatique pourrait créer de nouvelles communautés écologiques, ce qui, dans certaines régions, entraînera la perte de services écosystémiques traditionnels… »

Le Réseau canadien d'observation de la biodiversité vise à réunir les détenteurs de connaissances autochtones, les chercheurs et les nouvelles technologies (ADNe, IA, télédétection) pour créer un système national de surveillance des plantes, rendant les données disponibles pour une utilisation facile pour quiconque en a besoin.

Gonzalez et ses collègues écrivent : « Le Canada se trouve à un tournant crucial et se voit offrir une formidable opportunité d’investir dans le BON et de le développer pour répondre à ses besoins futurs en matière de biodiversité. Il est temps d’agir. »

« L'élaboration d'un CAN BON démontrerait l'importance de comprendre comment la nature et ses contributions aux populations évoluent en réponse aux actions de conservation ; il s'agit d'une étape importante sur la voie vers une société équitable et respectueuse de la nature d'ici 2050. »

Gonzalez, A. et al. (2025) « Un réseau d'observation de la biodiversité pour soutenir les actions de conservation et vulgariser les connaissances au Canada », Facettes (Ottawa), 10, p. 1–19. Disponible à : https://doi.org/pz3z.


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Image de couverture: Acer saccharum au Canada par Loïc Mathieu / iNaturalist. CC-BY