Dans les lignées eucaryotes avec des chromosomes monocentriques, les centromères et l'histone centromérique H3 (CENH3) subissent un conflit évolutif récurrent, dans lequel les centromères égoïstes subvertissent la méiose féminine, et CENH3 évolue de manière adaptative pour contrebalancer les conséquences délétères de l'entraînement des centromères. Le CENH3 sélectionné positivement peut donc fournir une indication quant à savoir si cette course aux armements évolutive s'est produite dans une lignée donnée.
Le modèle de l'entraînement du centromère dans les chromosomes monocentriques et sa suppression par l'holocinétisme chromosomique. Dans la première étape, une expansion des répétitions satellites centromériques (rectangles gris) à l'un des homologues monocentriques conduit à une expansion des nucléosomes CenH3 (cercles) et donc à un kinétochore plus grand offrant un avantage de transmission dans la méiose asymétrique. Il y a alors deux possibilités : soit (1) une mutation CenH3 adaptative modifie son affinité de liaison pour les satellites centromériques, rétablissant ainsi la parité méiotique et supprimant l'entraînement centromère jusqu'à ce qu'un nouveau satellite égoïste surgisse et que le cycle recommence, ou (2) l'évolution des chromosomes holocinétiques met définitivement fin à la course aux armements au moyen du kinétochore étendu.
Zedek et Bures analysé les pressions sélectives agissant sur CENH3 dans Luzule (Juncaceae), un genre à chromosomes holocinétiques. Ils ont trouvé une absence de sélection positive, concluant que les chromosomes holocinétiques auraient pu évoluer comme une défense contre la poussée des centromères.