Les scientifiques ont découvert que les plantes ont besoin de pollinisateurs. Ce n'est pas une surprise, mais Maddi Artamendi et ses collègues en Espagne ont découvert que même les plantes capables d'autopollinisation bénéficient de communautés de pollinisateurs diversifiées. Leur analyse de 207 études de recherche menées dans 46 pays visait à découvrir ce qui se passe lorsque la diversité des pollinisateurs diminue. Leurs résultats montrent comment les plantes sauvages et les cultures agricoles sont affectées.
Artamendi et ses collègues ont constaté qu’une perte de diversité des pollinisateurs entraînait une baisse du succès de reproduction des plantes à tous les niveaux. La nouaison des fruits, la nouaison des graines, le poids des fruits, tout cela a diminué. Les plantes sauvages étaient particulièrement vulnérables. Artamendi et ses collègues ont été surpris de constater que même les plantes capables d’autopollinisation ont du mal lorsque la diversité des pollinisateurs diminue. Ils soutiennent que même les plantes autocompatibles peuvent bénéficier de la pollinisation croisée, et que cela diminue à mesure que la diversité des pollinisateurs diminue.
Ces résultats sont le fruit d’une analyse de centaines d’études antérieures qui ont mesuré la reproduction des plantes avec différents niveaux de diversité des pollinisateurs. Ils ont examiné trois mesures clés de la réussite des plantes : le nombre de fruits produits par chaque plante, le nombre de graines contenues dans les fruits et le poids des fruits. En étudiant ces modèles dans de nombreux endroits différents – des fermes aux forêts en passant par les déserts – ils ont pu découvrir comment la diversité des pollinisateurs façonne la reproduction des plantes dans le monde entier.
Cette étude est utile, car on a tendance à se concentrer sur les plantes cultivées en Europe et en Amérique du Nord. En particulier, des études ont été menées sur l’impact d’une seule espèce de pollinisateur, comme les abeilles, sur l’agriculture. Cette analyse a rassemblé les résultats obtenus sur la planète et a également recueilli des informations sur les plantes sauvages. Cette recherche montre que nous devons regarder au-delà des abeilles pour maintenir des populations végétales saines.
Artamendi, M., Martin, PA, Bartomeus, I. & Magrach, A. 2024. La perte de diversité des pollinisateurs réduit systématiquement le succès de reproduction des plantes sauvages et cultivées. Nature Ecologie & Evolution. https://doi.org/nx4w
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