Lorsque vous visitez un jardin, vous vous concentrez probablement sur les plantes que vous pouvez voir, mais qu'en est-il des plantes qui devraient être là, mais qui n'y sont pas ? Cette question a conduit les chercheurs à étudier la « diversité sombre » – les plantes absentes d'un paysage. En examinant les plantes présentes et absentes dans les landes et les prairies de Bretagne, Chollet et ses collègues ont découvert que ces plantes Les fantômes botaniques détiennent des indices pour protéger et restaurer les espaces naturels.

Les auteurs soutiennent que les méthodes traditionnelles d’estimation des espèces disparues incluaient souvent des plantes qui n’appartiennent pas naturellement aux landes et aux prairies. En affinant leur approche pour se concentrer uniquement sur les espèces typiques de ces habitats, Chollet et ses collègues ont obtenu une image plus claire de la santé de l’écosystème. Cela a révélé que certains sites apparemment sains comptaient encore un nombre important d’espèces indigènes disparues, ce qui suggère un potentiel de restauration inexploité.

L'équipe a exploré 715 zones naturelles différentes, en enregistrant soigneusement chaque espèce végétale trouvée. Elle a utilisé des données publiées et consulté des experts régionaux pour identifier les plantes à observer lors d'une étude. Cela a nécessité de créer des profils détaillés des landes et des prairies de toute la Bretagne. Ils ont ensuite utilisé des outils statistiques sophistiqués pour prédire quelles espèces absentes devraient être naturellement présentes dans chaque endroit.

L’utilisation de la diversité sombre par les praticiens de la conservation et de la restauration offre des possibilités supplémentaires par rapport à l’utilisation d’informations obtenues uniquement sur la diversité observée. Cependant, nos résultats montrent clairement que, pour promouvoir son utilisation en conservation et restauration, les estimations de la diversité sombre doivent être restreintes aux espèces appartenant au pool d’espèces typiques de l’habitat.

L’utilisation de la diversité sombre permet aux écologistes de prendre en compte les espèces disparues dans un lieu, afin que la gestion puisse aider à restaurer les habitats au lieu de les préserver dans un état endommagé. Elle offre une compréhension similaire en comparant la manière dont une forêt restaurée se compare aux forêts anciennes. En combinant à la fois les espèces vivantes et disparues, les écologistes peuvent prendre de meilleures décisions sur la manière d’aider les sites dégradés à retrouver leur diversité naturelle.

Chollet, S., Dano, M., Thiebaut, G. & Jung, V. 2024. Diversité obscure et statut de conservation de l'habitat : deux faces d'une même pièce pour la conservation et la restauration ? Ecological Indicators 170 (2025) 112990. https://doi.org/10.1016/j.ecolind.2024.112990


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