Les interactions médiées par les pollinisateurs entre les espèces végétales peuvent affecter la composition des communautés d'angiospermes. Les signaux de couleur florale devraient jouer un rôle dans ces interactions, mais ce rôle découlera des perceptions visuelles et des réponses comportementales de plusieurs pollinisateurs. Les progrès récents des sciences visuelles peuvent être utilisés pour éclairer notre compréhension de ces perceptions et réponses. Shrestha et ses collègues décrivent l'application de principes visuels appropriés à l'analyse du cycle annuel de la structure de la couleur florale dans deux communautés herbacées australiennes.

Exemples d'habitats et d'espèces herbacées représentatives sur les sites d'étude.
Exemples d'habitats et d'espèces herbacées représentatives sur les sites d'étude. (A–C) Végétation de la couche inférieure avec espèces herbacées en fleurs, (D) Gompholobium huegelii, (E) Goodenia blackiana, (F) Burchardia umbellata, (G) Wahlenbergia gloriosa et (H) Glossodia major.

Les auteurs ont utilisé des mesures spectrographiques de la réflectance des pétales pour déterminer l'emplacement des fleurs dans un modèle de vision des couleurs chez les hyménoptères. Ces représentations de la perception des couleurs ont ensuite été traduites en une mesure comportementale pertinente des différences de couleurs, à l'aide de fonctions de discrimination des couleurs étalonnées empiriquement pour quatre espèces d'hyménoptères.

Ils ont ensuite analysé la similarité des couleurs selon cette mesure dans des échantillons de plantes à floraison simultanée au cours d'une année. L'équipe a utilisé la même méthode pour analyser la structure phylogénétique annuelle des plantes à floraison simultanée afin de comparer la structure des couleurs et la structure phylogénétique.

Ils ont constaté que la structure de la couleur florale perçue variait selon les capacités sensorielles de l'observateur. L'absence de structure de couleur à la plupart des dates d'échantillonnage, et notamment la rareté d'une forte dispersion, suggère que les plantes n'utilisent pas les signaux chromatiques principalement pour permettre aux abeilles de distinguer les espèces coflorissantes. Il est plus probable que les couleurs rendent les plantes détectables dans un paysage complexe.