Les espèces d'arbres dominantes dans les forêts tempérées du nord, par exemple le chêne et le hêtre, produisent des graines sensibles à la dessiccation. Malgré l'influence potentiellement majeure de ce trait fonctionnel sur la régénération et la distribution des espèces sous l'effet du changement climatique, on connaît actuellement peu de choses sur les déterminants écologiques de la persistance des graines sensibles à la dessiccation dans les banques de graines transitoires du sol. Connaître les principaux facteurs climatiques et microsites favorisant la survie des graines permettra de définir la niche de régénération des espèces dont les graines présentent une extrême sensibilité au stress environnemental.

Joet et al. utiliser le chêne vert méditerranéen (Quercus ilex) comme système modèle et surveiller l'état et la viabilité de l'eau des semences pendant la saison hivernale défavorable en deux ans avec des précipitations contrastées. Ils trouvent que sur place la dessiccation est la principale cause abiotique de mortalité en hiver, et les taux de déshydratation des graines peuvent être estimés de manière satisfaisante à l'aide d'indicateurs climatiques intégratifs, notamment le déficit de pression de vapeur et l'évapotranspiration potentielle. La modélisation par équation structurelle des facteurs de microhabitat met en évidence l'influence majeure sur la dessiccation des graines de la canopée et donc sur le rayonnement incident au sol.
