Une mousse de l'Antarctique recèle-t-elle de nouvelles armes contre le cancer ?
Cellules, gènes et molécules

Une mousse de l'Antarctique recèle-t-elle de nouvelles armes contre le cancer ?

Polytrichastrum alpinum a montré une activité anticancéreuse prometteuse lors de tests en laboratoire, réduisant la survie et la propagation des cellules tumorales mammaires canines.

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Lorsqu'on pense aux sources de nouveaux médicaments contre le cancer, on imagine rarement les mousses qui survivent dans les conditions extrêmes de l'Antarctique. Pourtant, une nouvelle étude suggère que l'une de ces petites plantes pourrait contenir des composés capables d'interférer avec des processus fondamentaux du développement tumoral.

Des chercheurs ont étudié le potentiel anticancéreux d'extraits de Polytricastrum alpinum, une mousse largement répandue dans les régions froides de la planète, en utilisant des cellules tumorales mammaires canines comme modèle. L'intérêt pharmacologique de bryophytes a connu une croissance ces dernières années, car ce groupe de plantes produit une grande diversité de métabolites secondaires qui restent encore peu explorées.

A Polytricastrum alpinum mat. Photo de Konrad et Roland Greinwald (iNaturalist, CC BY-NC 4.0).

Les tests ont révélé que l'extrait réduisait significativement la viabilité des cellules tumorales ainsi que leur capacité à former des colonies, à migrer et à envahir de nouveaux sites. Autrement dit, outre la limitation de la croissance tumorale, le traitement a également influencé les caractéristiques associées à la progression et à la dissémination du cancer.

Les chercheurs ont également observé que l'extrait modifiait le cycle cellulaire et induisait apoptose, un processus de mort cellulaire programmée considéré comme l'un des principaux mécanismes d'élimination des cellules cancéreuses. Cette réponse a été confirmée par différentes approches expérimentales, qui ont démontré l'activation de caspase-3 et sa forme clivée, marqueurs classiques de la voie apoptotique.

Un aspect particulièrement prometteur de l'étude résidait dans la comparaison entre les cellules tumorales et les cellules épithéliales canines non tumorales. Bien que l'extrait ait également été testé sur des cellules saines, ces dernières se sont révélées moins sensibles au traitement, suggérant une certaine sélectivité envers les cellules cancéreuses. Cette caractéristique est particulièrement pertinente dans la recherche de nouveaux composés antitumoraux, car de nombreux traitements conventionnels affectent indifféremment les cellules saines et tumorales.

A Polytricastrum alpinum mat. Photo par Em Lamond (iNaturalist, CC BY-NC 4.0).

Outre son effet antiprolifératif, l'extrait a significativement réduit la capacité des cellules tumorales à migrer et à envahir de nouveaux environnements, deux caractéristiques fondamentales du processus de métastase. Lors des expériences réalisées, les cellules traitées ont montré une capacité réduite à franchir les barrières expérimentales, suggérant que les composés présents dans l'extrait pourraient interférer avec des étapes importantes de la dissémination du cancer vers d'autres tissus.

Ces résultats obtenus sur les glandes mammaires canines sont particulièrement pertinents pour la santé des chiens, car les tumeurs mammaires figurent parmi les plus fréquentes chez les chiennes et représentent un défi thérapeutique majeur. Par ailleurs, cette étude confirme le potentiel des environnements extrêmes comme sources de nouvelles molécules bioactives. organismes antarctiques sont constamment exposés à un froid intense, à un fort rayonnement et à d'autres stress environnementaux, conditions qui favorisent l'évolution de stratégies chimiques uniques.

Bien que les résultats se limitent à des expériences réalisées sur des cultures cellulaires, ils fournissent des preuves prometteuses que Polytricastrum alpinum Ces organismes pourraient abriter des composés à activité antitumorale. Ces travaux confortent une idée de plus en plus répandue dans la recherche sur les produits naturels : certaines réponses à des problèmes médicaux complexes pourraient se trouver dans les organismes les plus inattendus.

LIRE L'ARTICLE:

Kim MLee HYang Met al.. 2026. L'extrait méthanolique de Polytrichastrum alpinum induit un arrêt du cycle cellulaire et l'apoptose dans les cellules tumorales mammaires des chiens de compagnie. Gènes et génomiquehttps://doi.org/10.1007/s13258-026-01780-w


Traduction portugaise par Pablo O. Santos.

Photo de couverture par michael-lueth (iNaturalist, CC BY-NC 4.0).

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Écrit par

Pablo O. Santos

Pablo est doctorant en biologie végétale à l'Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil), où il étudie les stratégies photoprotectrices et le potentiel antioxydant des bryophytes provenant d'affleurements ferrugineux.

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