
Il existe une croyance répandue selon laquelle tout ce qui se passe aux États-Unis est plus grand, meilleur, plus rapide, etc., que tout ce qui se passe ailleurs dans le monde. C'est probablement le meilleur exemple de propagande jamais imposée à un monde sans méfiance, et un véritable témoignage du pouvoir du marketing et des relations publiques.
Prenons par exemple le titre saisissant «Cela pourrait être la plus ancienne plante à fleurs jamais trouvée en Amérique du NordCette vision de la suprématie américaine est si répandue, et nous sommes tellement conditionnés à l'accepter, que beaucoup d'entre nous auront lu ce texte et ajouté mentalement une virgule après les mots « jamais trouvé » (et l'importance du placement des virgules est légendaire). La nouvelle concerne une réévaluation des plantes fossiles entreposées aux États-Unis. Smithsonian Musée national d'histoire naturelle. Pensé à l'origine comme une fougère, réinspection et analyse par une société basée aux États-Unis Nathan Jud et Leo Hickey confirme maintenant que le fossile est un angiosperme (une plante à fleurs) entre 125 et 115 millions d'années (Ma) – le Crétacé inférieur - nommé Potomacapnos apeleutheron.
Bien qu'il s'agisse de l'une des plus anciennes plantes à fleurs découvertes en Amérique, ce n'est pas la plus ancienne connue sur Terre. Cet honneur va – actuellement! – aux porteurs non nommés de « pollen de type angiosperme » et au genre décrit Afropolis des gisements du Trias moyen en Suisse qui sont de 247.2 à 242.0 Ma, comme déterré par Peter Hochuli et Susanne Feist-Burkhardt. Le pollen a été étudié par microscopie confocale à balayage laser (CLSM), en exploitant l'autofluorescence encore présente dans ces microfossiles à parois organiques très anciens. De façon assez spectaculaire, cette annonce repousse l'origine des plantes à fleurs de 100 millions d'années, ce qui doit être particulièrement gratifiant pour l'équipe suisse-allemande. Ainsi, bien que la confiance en soi nationale soit une bonne chose (un peu comme patriotisme), cela ne doit pas nous aveugler sur le fait que d'autres pays peuvent avoir des prétentions plus légitimes au "plus grand et meilleur" (et qui pourraient s'égarer dans nationalismeEt puis, de toute façon, ce n'est qu'à cause des « accidents de l'histoire, de la géographie et de la politique » que les découvertes scientifiques sont liées à un lieu précis et revendiquées par, ou pour, certains pays. La science – et ses découvertes – nous appartient à tous. Voilà, c'est dit. avec des fleurs…).
[Comme d'habitude, M. Cuttings a tenté d'être un peu malicieux dans cet article. Mais cela n'arrêtera probablement pas les activités de ceux dont l'objectif de toute une vie est de rechercher le plus grand, le meilleur, etc. Alors, attendez-vous à d'autres révélations archéflorales de la part des bons vieux États-Unis en temps voulu (et peut-être même plus loin…), à mesure que d'autres réserves regorgeant de richesses rocheuses seront fouillées, réexaminées et réévaluées ! Et si une bonne dose de saine compétition et de rivalité à l'ancienne peut inciter tous ceux qui s'engagent dans le processus scientifique à accomplir des choses encore plus grandes, tant mieux – pour nous tous ! – N.D.L.R.]
