Intérêt contemporain pour agriculture durable Les origines de cette évolution remontent aux préoccupations environnementales apparues dans les années 1950 et 1960. Cependant, les concepts et pratiques liés à la durabilité remontent au moins aux plus anciens textes chinois, indiens, grecs et romains. Aujourd'hui, le défi mondial est de taille.
Afin de nourrir suffisamment une population croissante et de faire face à l'évolution de ses modes de consommation, certains suggèrent que l'agriculture devra s'étendre aux terres non agricoles. Cependant, la concurrence foncière exercée par d'autres activités humaines rend cette solution coûteuse, notamment si la protection de la biodiversité et des biens publics fournis par les écosystèmes naturels (par exemple, le stockage du carbone dans les forêts) est prioritaire. D'autres suggèrent que l'augmentation des rendements doit passer par des efforts redoublés pour reproduire les approches de la révolution verte ; ou que les systèmes agricoles devraient adopter exclusivement les biotechnologies ou devenir exclusivement biologiques. Malgré ces divergences, il est clair qu'il faudra exploiter davantage les terres agricoles existantes.

Bref, l'agriculture devra être intensifiée. Traditionnellement, l'intensification agricole a été définie de trois manières : i) en augmentant les rendements par hectare, ii) en augmentant l'intensité de culture (c'est-à-dire deux cultures ou plus) par unité de terre ou d'autres intrants (eau), ou l'intensité de l'élevage (par exemple, les races à maturation plus rapide), et iii) changer l'utilisation des terres des cultures ou des produits de faible valeur à ceux qui reçoivent des prix de marché plus élevés ou qui ont un meilleur contenu nutritionnel.

La notion d’« intensification » reste controversée pour certains, car les récents succès en matière d’augmentation de la production alimentaire par unité de ressource ont souvent également causé des dommages environnementaux et des perturbations des systèmes sociaux.
Le désir d’une agriculture capable de produire davantage de nourriture sans nuire à l’environnement, ni même de contribuer positivement au capital naturel et social, s’est traduit par des appels en faveur d’un large éventail de types d’agriculture plus durable : pour une « révolution doublement verte », pour une « agriculture alternative », pour une « révolution verte », pour une « intensification agroécologique », pour des « systèmes alimentaires verts », pour des « révolutions plus vertes » et pour une « agriculture verte ».

Intensification durable (SI) est défini comme un processus ou un système permettant d'augmenter les rendements sans impact environnemental négatif et sans cultiver davantage de terres. Ce concept est donc relativement ouvert, car il n'articule ni ne privilégie aucune vision particulière de la production agricole. Il privilégie les fins plutôt que les moyens et ne prédétermine pas les technologies, les mélanges d'espèces ni les éléments de conception particuliers.
[plein clair]
Jolie J. & Barucha ZP (2014). Intensification durable dans les systèmes agricoles,
Annals of Botany,