Au semestre dernier, nous avons commencé la saison d'enseignement avec un défi de taille : donner un cours d'introduction à la biologie à 320 étudiants de première année. L'objectif formel du cours était de familiariser les étudiants avec les structures végétales et animales à différentes échelles, et comment ces structures interagissent et fonctionnent ensemble. En dehors de cela, nous voulions aussi leur apprendre à observer le monde naturel. Nous voulions qu'ils réalisent qu'ils n'ont pas besoin d'aller dans un parc naturel pour voir des niveaux élevés de biodiversité. Mais comment faire cela efficacement avec plus de 300 étudiants ?

La manière classique serait de préparer un jeu de diapositives, détaillant les différentes caractéristiques morphologiques des plantes et des animaux, et de les parcourir en séance plénière. Il s'agit d'une solution qui peut être facilement étendue à n'importe quel nombre d'étudiants. Nous avons vécu cela en tant qu'étudiants nous-mêmes. Il n'y a pas de meilleur moyen d'aspirer la motivation d'un élève que de lire dix diapositives décrivant différents arrangements de feuilles. Il devait y avoir un meilleur moyen. C'est pourquoi nous avons décidé de créer BioGO.

BioGO (comme dans PokemonGO) est une chasse au trésor biologique à grande échelle que nous avons créée pour nos étudiants. Le principe est simple. Nous avons dressé une liste de plus de 250 « quêtes » à retrouver à Louvain-la-Neuve (la ville Université catholique de Louvain est basé en). Ces quêtes étaient toutes liées à des structures et organismes biologiques, à la fois botaniques et zoologiques. Voici quelques exemples:

  • Trouver un akène
  • Trouver un insecte xylophage

Ces quêtes avaient différents niveaux de difficulté (1,2,3) avec différentes récompenses. Nous n'avons pas expliqué les différents termes biologiques aux étudiants en conférence plénière. Nous voulions qu'ils les consultent et apprennent par eux-mêmes.

Une fois que les élèves (répartis en groupes de 3) avaient une bonne idée de ce qu'il y avait dans la liste, ils devaient sortir pour trouver les quêtes dans la vraie vie. Comme nous ne voulions pas qu'ils endommagent ou collectent quoi que ce soit pendant le jeu, ils ont dû prendre des photos des quêtes une fois qu'ils les avaient trouvées. Nous leur avons également demandé d'activer la fonction de géolocalisation de leur téléphone lors de la prise de vue. Ces photos devaient être soumises à l'intranet étudiant chaque semaine, pendant quatre semaines. Au total, chaque groupe devait soumettre 80 photos, pour atteindre une somme de 100 points. Nous les examinions ensuite pour déterminer s'ils étaient corrects ou non.

Une mosaïque de plantes
Figure 1 : Exemples de photos prises par les groupes d'élèves.

Afin de rendre l'expérience un peu plus amusante et de motiver encore plus les élèves, nous avons également créé un interface Web où ils pouvaient voir le nombre de quêtes et les scores de chaque équipe. Chaque semaine, ils vérifiaient ensuite leurs propres progrès et leur place sur le tableau de bord.

Les étudiants ont collecté plus de 8000 XNUMX photos, dont plus de la moitié géolocalisées et datées. Toutes les images (et résultats), pour les différentes quêtes, sont visibles dans l'interface finale du jeu : www.biogo.xyzNotre impression générale était que les étudiants étaient motivés et désireux de réaliser un maximum de quêtes. Nous leur avons demandé de nous faire part de leurs impressions de manière anonyme. Sur les 211 répondants, 196 (93 %) ont apprécié le jeu et 179 (85 %) ont déclaré avoir appris des choses durant ces quatre semaines. Nous avons également constaté que, lors des travaux pratiques de biologie végétale qui ont suivi, les étudiants avaient une meilleure compréhension et une meilleure connaissance du vocabulaire botanique.

En conclusion, nous pensons que l'expérience a été un grand succès. Nous avons atteint un haut niveau d'engagement des étudiants et avons commencé à construire une grande base de données de structures biologiques végétales et animales. Cette base de données est déjà valorisée sous forme de une application web de formation aux termes botaniques. Nous développons également actuellement une interface web BioGO complète (gratuite et open-source bien sûr), pour permettre à n'importe qui de l'utiliser. Nous prévoyons qu'il devrait être prêt à l'emploi dans les prochains mois pour toute personne intéressée.

Figure 2 : Interface finale (www.biogo.xyz) affichant toutes les photos géolocalisées des groupes d'étudiants.

À propos des auteurs

Guillaume Lobet

Guillaume Lobet

Guillaume Lobet est professeur assistant au Forschungszentrum Jülich (IBG3, Agrosphère) et à l'Université catholique de Louvain (Earth and Life Institute). L'objectif des recherches de Guillaume est (i) de comprendre comment divers signaux porteurs d'informations interagissent, sont véhiculés et intégrés au niveau de la plante et (ii) d'amplifier les connaissances physiologiques discrètes en processus fonctionnels de la plante. Tout cela à l'aide de modèles fonctionnels structurels d'usine. Pour en savoir plus sur les recherches de Guillaume, rendez-vous sur www.guillaumelobet.be.

Charlotte Descamps

Charlotte Descamps

Charlotte Descamps est doctorante (Earth and Life Institute) et assistante d'enseignement à la Faculté des bioingénieurs de l'UCLouvain. Son temps se partage entre l'enseignement (principalement la botanique et l'identification des plantes) et la poursuite d'une thèse sur les relations plantes-pollinisateurs, avec le Pr Anne-Laure Jacquemart et le Pr Muriel Quinet. L'objectif principal est de mettre en évidence et de comprendre comment le changement climatique, à travers le stress hydrique et l'élévation des températures, peut affecter les ressources florales et les conséquences de ces modifications sur les pollinisateurs.

Lola Leveau

Lola Leveau

Lola Leveau est bioingénieur, doctorante et assistante d'enseignement à la Faculté des Bioingénieurs de l'UCLouvain. L'objectif de sa recherche doctorale est de comparer les performances de systèmes de culture innovants mis en place par des agriculteurs belges, d'un point de vue agronomique, environnemental et économique. Cette comparaison est réalisée en collaboration avec un réseau d'agriculteurs locaux, sur les terres desquels les mesures seront effectuées et avec les conseils desquels les protocoles et les méthodes de mesure ont été conçus.

Louise Mignard

Louise Mignard

Louise Mignard est bioingénieur, doctorante et assistante d'enseignement à la Faculté des Bioingénieurs de l'UCLouvain. Son projet de thèse porte sur l'impact des acides gras alimentaires sur le développement et la progression tumorale. L'objectif principal de ses travaux est de mettre en évidence et de comprendre, à travers des modèles in vitro et in vivo, les mécanismes sous-jacents des forts effets cytotoxiques de certains acides gras inhabituels sur des tumeurs avancées qui présentent une plasticité métabolique élevée et un métabolisme des acides gras exacerbé. .

Jean-François Rées

Jean-François Rées

Jean-François Rees est physiologiste animalier, professeur à l'UCLouvain. Il travaille sur l'écotoxicologie des poissons au Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology (LIBST). Un des principaux aspects de ses travaux porte sur la question de l'impact des polluants sur les poissons des grands fonds, comme les rattails, qui ne peuvent être maintenus en vie en surface, interdisant ainsi toute exposition expérimentale des poissons aux polluants. Pour cette raison, il développe des systèmes in vitro pour étudier l'impact de la pression hydrostatique élevée sur les réponses des cellules hépatiques des poissons d'eau profonde aux xénobiotiques.