Les caractères d'attractivité florale sont particulièrement sensibles aux facteurs environnementaux, notamment la disponibilité des ressources du sol. L'augmentation de l'apport en nutriments et de la disponibilité de l'eau entraîne généralement une augmentation du nombre de fleurs, une plus grande taille de fleurs et une période de floraison plus longue. Comme elles influencent la disponibilité des éléments nutritifs du sol et la capacité d'absorption des éléments nutritifs par les plantes, les interactions biotiques souterraines peuvent également moduler les traits d'attractivité florale. De même, en se concentrant sur les interactions plantes-pollinisateurs, la compétition entre les plantes peut affecter les paramètres floraux des plantes pollinisées par les insectes. Cependant, la plupart des études portant sur ces réponses ont utilisé l'apport de nutriments comme indicateur de la compétition souterraine, plutôt que d'étudier les réponses réelles à la compétition plante-plante.

Parcelles expérimentales couvertes de cages grillagées en nylon au CEREEP Ecotron-Ile de France, une station de recherche française. Crédit image : A. Hansart

Dans leur nouvelle étude publiée dans AoBP, Flatter et al. mettre en place une expérience de terrain dans laquelle une plante pollinisée par des insectes (synapis alba) a été cultivé dans un mélange dominé par une plante pollinisée par le vent (Holcus lanatus). En choisissant une plante concurrente pollinisée par le vent, cette étude se concentre sur la compétition entre les plantes pour les ressources abiotiques uniquement, excluant la compétition pour les pollinisateurs qui aurait influencé la réponse des pollinisateurs aux traits floraux. Ils montrent que la présence d'une plante compétitrice peut moduler l'attractivité des plantes voisines pollinisées par les insectes pour les pollinisateurs par le biais d'une compétition souterraine pour les ressources du sol. Plusieurs traits floraux ainsi que les visites de pollinisateurs ont été influencés négativement lorsqu'il y avait compétition entre plantes voisines. Une diminution de la fécondité des plantes a également été observée mais probablement liée à la compétition elle-même plutôt qu'aux changements de fréquentation des pollinisateurs induits par la compétition. Pourtant, cette étude suggère que, dans un mélange de plantes, la présence de toute plante concurrente peut influencer les interactions plante-pollinisateur et les études futures sur la pollinisation gagneraient à considérer des communautés végétales entières.

Point culminant du chercheur

Floriane Flacher a réalisé une thèse de doctorat en écologie végétale et pollinisation de 2012 à 2016 à l'UPMC (aujourd'hui Sorbonne Université) à Paris. Ses recherches portaient sur l'influence de la compétition souterraine entre plantes sur les interactions plantes-pollinisateurs, via la modification des caractères d'attractivité des plantes. Elle est actuellement ingénieure de recherche à Aix-Marseille Université, au sein de l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie (IMBE). Elle travaille sur un programme de sciences participatives visant à étudier les effets du changement climatique sur la flore locale. Ses recherches portent sur l'écologie fonctionnelle, notamment sur les interactions plantes-plantes et plantes-insectes. Elle étudie également les caractères des plantes (production de nectar, phénologie, etc.) et leur réponse aux facteurs biotiques et abiotiques.