Le phloème est un tissu essentiel dans les arbres, responsable du transport du carbone et du cycle des nutriments dans toute la plante. Cependant, il existe relativement peu d'informations sur la physiologie du phloème par rapport aux autres tissus. C'est pourquoi Tree Physiology a consacré un numéro entier à la physiologie du phloème.

Diagramme du phloème
Le phloème transporte les nutriments dans les plantes vasculaires. Contrairement au xylème, qui transporte l'eau, les tissus du phloème sont vivants et ont besoin de cellules de soutien pour maintenir leur fonction. Image : Kelvin Ma / Wikipedia

Alors que le xylème est responsable du transport de l'eau des racines aux feuilles d'un arbre, le transport à travers le phloème est plus complexe, les glucides se déplaçant des «sources» vers les «puits». Daniel Epron et ses collègues donnent un aperçu des résultats rapportés dans ce numéro de certaines des difficultés à travailler avec le phloèmeUn obstacle à la recherche sur le phloème réside dans le fait que, lors de l'incision des tissus du phloème, des protéines spécifiques, appelées protéines P, scellent rapidement la plaie et arrêtent l'écoulement des fluides. L'utilisation de stylets anti-pucerons inhibe l'action de la protéine P et permet l'extraction des fluides du phloème. Cependant, seuls de très faibles volumes peuvent être obtenus, ce qui rend la technique difficile à grande échelle.

Compte tenu de l'importance du phloème dans le transport des sucres, comment la sécheresse affecte-t-elle sa fonction ? Pour répondre à cette question, Yann Salmon et ses collègues passent en revue les connaissances actuelles sur l'impact de la sécheresse sur le transport du phloème. Leurs principales conclusions sont que l'intensité de la sécheresse est importante pour savoir quand (ou si) le transport du phloème réagira, que la fonction du phloème est essentielle à la compréhension du flux de carbone à travers les arbres et les écosystèmes, et que nous avons un besoin urgent d'informations sur ces processus. Pour combler cette lacune, Benjamin Hesse et ses collègues étudient l'impact de sécheresses répétées sur le transport des sucres à travers le phloème. En utilisant du dioxyde de carbone spécialement marqué, leurs résultats suggèrent que l'absorption d'eau dans le phloème est altérée en cas de sécheresse, ce qui réduit le taux de transport des matières à travers le phloème. Parallèlement, Masako Dannoura et ses collègues ont étudié l'impact de la sécheresse sur le développement structurel du phloème et ont constaté une réduction de la taille des cellules du phloème en cas de sécheresse, entraînant directement une réduction de la capacité de transport du phloème. Enfin, Michiel Hubeau et ses collègues présentent une nouvelle méthode d'étude du phloème en conditions de sécheresse, utilisant la tomographie par émission de positons (TEP, une technique utilisée en diagnostic médical). Ils ont réussi à étudier la fonction du phloème sans prélèvement destructeur, ce qui promet d'accélérer la recherche sur le phloème.

Le numéro spécial ne porte pas uniquement sur la sécheresse, et bien que de nombreuses questions concernant le phloème demeurent, la collection d'articles fait des progrès dans la compréhension de la façon dont le phloème réagit aux conditions environnementales changeantes et établit un cadre pour de nouvelles recherches.